Derrière l’armure: Quand lever la main devient notre plus grande force

Un vrai témoignage par un ancien(e)s de la vigile

Chers collègues,


Alors que notre grande famille policière panse encore ses plaies après le drame récent, et que je sais à quel
point nos armures sont particulièrement lourdes à porter ces jours-ci, je ressens le besoin de vous écrire.
Aujourd’hui, jour pour jour, cela fait un an que j’ai franchi la porte de La Vigile à Québec pour une thérapie
de répit de 30 jours.


Plusieurs d’entre vous connaissent mon parcours et mon engagement absolu envers votre sécurité. Cependant,
peu connaissent les tempêtes professionnelles que j’ai traversées pour défendre mes convictions. Ce que l’on
voit moins de l’extérieur, c’est l’impact de ces combats. Les événements ont fini par me faire mettre un genou
à terre. En fait, les deux.


J’ai touché le fond du baril, mais avant que l’irréparable ne se produise, j’ai décidé de parler. J’ai demandé de
l’aide. Ce séjour à La Vigile a été une bouée de sauvetage et a fait une différence fondamentale dans ma vie.
Je ne les remercierai jamais assez pour ce qu’ils ont fait pour moi.
Je suis conscient que partager une tranche de vie aussi personnelle dans notre milieu n’est pas toujours sans
conséquence. Mais si je le fais aujourd’hui, c’est pour les remercier publiquement, et surtout, pour donner au
suivant, vous.


Dans notre métier, on nous entraîne à gérer les pires crises des autres, à foncer quand les autres reculent et à
garder le contrôle. L’uniforme devient une sorte d’armure. Elle protège de l’extérieur, mais parfois aussi, elle
emprisonne en dedans ce qui se passe dans notre tête, notre coeur, notre âme. On garde cela pour soi par peur
d’être vu comme faible. Cependant, le silence peut devenir dangereux quand la machine s’enraye à l’intérieur.
Je veux contribuer à briser ce tabou. C’est humain de ne pas être parfait et c’est vital de pouvoir se parler
pour vrai, sans peur.


Ma plus grande motivation au travail a toujours été d’assurer vos arrières, de veiller à votre sécurité sur la
route et de vous sensibiliser pour vous protéger de vous-mêmes (le fameux facteur humain). Aujourd’hui, je
le fais d’une autre manière : en vous disant qu’il n’y a absolument aucune honte à lever la main quand on n’en
peut plus.


Si vous vous retrouvez acculés au pied du mur, dans le noir, ne laissez pas l’orgueil, la peur ou la douleur
dans l’âme vous convaincre qu’il n’y a pas d’issue. Parlez. Ne restez pas seul. Appelez La Vigile
(1-888-315-0007, www.lavigile.qc.ca). Leur ligne est ouverte 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, ne serait-ce que
pour parler si vous avez besoin d’une oreille confidentielle, bienveillante et sans aucun jugement.


Si les appeler est trop difficile, demandez à un proche de vous aider à le faire. Si vous n’avez personne pour
cela, n’hésitez pas à me contacter et je vous aiderai à saisir cette bouée de sauvetage. En conduite comme en santé mentale, nous sommes parfois notre plus grand ennemi.Prenez soin de vous et des vôtres. Soyez prudents.


Eric Séguin
Policier depuis 2003, Maître-instructeur en formation routière depuis 2018, assigné comme conseiller à la
Section des projets technologiques depuis février 2026.

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Le plus beau cadeau de ma vie

Par Anonyme

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Aujourd’hui je termine ma thérapie fermée de 30 jours à la Vigile (8 décembre 2021) Depuis 15 mois je vivais un enfer, j’avais un pied dans le passé, un pied dans le futur et ‘’je chiais sur mon présent’’, m’amenant dans les idées les plus sombres, allant même jusqu’à une sérieuse tentative de suicide le 16 septembre 2021.

J’ai fait bcp d’erreurs dans les derniers mois, des erreurs qui sont devenues des apprentissages, des apprentissages qui sont devenus de la connaissance de soi, de la connaissance de soi qui est devenue de l’amour de soi, de l’amour de soi qui est devenu de l’estime de soi, de l’estime de soi qui est devenu de la confiance en moi.

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La réunion des Anciens c’est précieux

Par Anonyme

Métier anonyme

J’ai été confronté durant ma carrière d’agent correctionnel et de policier à toutes sortes de situations allant de situations traumatisantes à sauver des vies.

Tous ces événements se sont imprégnés dans mon cerveau mais aussi dans mon corps et dans mes relations personnelles avec les autres. Tout au long de ma carrière, je n’avais pas le temps de m’y arrêter. Il fallait que je continue, que je travaille, je devais faire vivre ma famille.

Tous ces événements sont remontés à la surface au moment de la retraite. J’étais rendu à être agressif verbalement même avec les personnes que j’aimais le plus. Quand je rencontrais une personne, il fallait qu’elle me prouve qu’elle était une bonne personne avant que je l’accepte dans mon environnement.

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De l’espoir

Par Anonyme

Métier anonyme

Il y a 3 ans maintenant je sombrais dans une souffrante dépressive, moi, qui ai toujours été convaincu que la dépression n’existait pas; « Ce sont des gens faibles, incapables de passer au travers des épreuves… », « C’est ça, prenez-en des vacances pendant que je travaille moi… »  Un jour, mon monde s’est écroulé : « ça existe et ça fait mal, très mal, et ça m’arrive à moi… » Je vacille entre le déni, la honte, la douleur et le besoin d’aide.

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Un temps d’arrêt

Par Anonyme

Paramedic

La Maison Vigile a su me réorienter vers la “bonne voie”. L’accueil est « WOW », ils ont un personnel courtois qui est à notre écoute. Dès mon premier appel pour faire ma demande d’entrée, ils étaient déjà à l’écoute de mes besoins.

Le climat familial entre les usagers aide énormément, car ce n’est pas nécessairement facile d’être rendu à la Maison Vigile.

Je recommande fortement La Maison La Vigile, pas seulement aux gens ayant une dépendance, mais aussi aux gens travaillant dans le domaine de l’urgence.

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