J’ai été confronté durant ma carrière d’agent correctionnel et de policier à toutes sortes de situations allant de situations traumatisantes à sauver des vies.
Tous ces événements se sont imprégnés dans mon cerveau mais aussi dans mon corps et dans mes relations personnelles avec les autres. Tout au long de ma carrière, je n’avais pas le temps de m’y arrêter. Il fallait que je continue, que je travaille, je devais faire vivre ma famille.
Tous ces événements sont remontés à la surface au moment de la retraite. J’étais rendu à être agressif verbalement même avec les personnes que j’aimais le plus. Quand je rencontrais une personne, il fallait qu’elle me prouve qu’elle était une bonne personne avant que je l’accepte dans mon environnement.
Alors j’ai découvert La Vigile, j’étais au bout du rouleau. J’ai appelé et lors de mon entretien téléphonique, on a convenu de ne pas attendre.
Je peux vous dire quand je me suis retrouvé devant la porte de l’établissement, je n’étais pas rassuré. C’est la porte que j’ai trouvé la plus dure à ouvrir.
Durant mon séjour les deux premières semaines ont été très difficiles. Sortir le négatif accumulé durant toutes les années passées au travail n’était pas de tout repos. Grâce aux intervenantes et surtout à celle qui m’était attitrée, j’ai pu me libérer de plusieurs de ces situations douloureuses. Elle m’a suggéré d’écrire ce que je ressentais cela m’a aidé énormément. J’avais de la difficulté à décrire mes émotions et en parler.
À ma sortie de La Vigile je me sentais bien mais je n’étais pas guéri. J’ai eu besoin d’un support pour poursuivre ma route vers le bien-être psychologique ce qui m’est donné par la réunion des anciens le mardi soir.
Que ce temps m’est précieux! Avoir la chance de partager avec des personnes qui ont vécu des traumatismes comme moi me fait grandir à chaque fois. Cela m’a pris deux ans avant que je puisse dire que je suis mieux. Croyez-moi, je continue mes rencontres à chaque semaine, si mon expérience peut aider les autres, j’en suis très heureux. Ça me fait du bien!
Merci à tous et toutes intervenants (es) de La Vigile, à celle qui a initié les rencontres par zoom et à celles qui poursuit son œuvre. Vous m’avez redonné ma vie.