Retrouver l’équilibre

Un vrai témoignage par un ancien(e)s de la vigile

En 2010, j’intègre les rangs de la Sûreté du Québec comme policière. Le poste qui s’offre à moi se situe à près de 5h de route de chez moi, dans une toute autre réalité que la vie que je connais. Loin de la ville et loin de mon entourage. Du haut de mes 21 ans, de ma naïveté et de ma fougue de jeunesse, j’accepte ce poste sans me poser de questions.

Rapidement, je fais face à plusieurs événements majeurs de façon presque hebdomadaire. Mais pour moi, c’est « normal », c’est ça la police. Et j’aime ça.

Je mets chacun de ces événements dans un tiroir que je referme. J’arrive à en faire abstraction. Je construis mon bonheur et je me fais un bon réseau dans ma nouvelle ville d’adoption.

Le feu roulant des événements hors du commun se poursuit. Peu à peu, ces situations me fragilisent de façon sournoise, sans que je ne m’en rende compte.

En 2015, mon conjoint, qui est aussi policier, subit un accident de travail dans lequel il passe près d’y laisser sa peau.

Cet accident laisse sa marque avec de nombreuses conséquences auxquelles je ne croyais jamais avoir à faire face.

Nous sommes ensuite forcés de déménager dans une autre région. Je suis triste, enragée, frustrée. J’ai l’impression qu’on m’enlève tout ce que j’ai construit dans cette nouvelle région que j’ai fini par tellement aimer.

Quelques années plus tard, nous vivons des difficultés conjugales. De plus, je sens que le temps me rattrape, que les événements du passé que j’ai mis dans les tiroirs essaient d’en ressortir et que tout m’affecte de plus en plus. Je me sens fragile, à l’opposé de la policière solide que j’étais au départ.

En avril 2020, je fais appel aux services externes de la Vigile qui me référent à une psychologue de ma région.

Mon conjoint et moi finissons par mettre fin à notre relation en juin 2020.

Je suis épuisée et perdue. Mon réseau me soutient dans la mesure de sa capacité, mais j’ai trop accumulé.

Un an plus tard, alors que la vie vient de se placer pour moi et que je me redépose enfin, mon cerveau décide de me lâcher. Je lui en ai fait assez subir et il veut prendre congé de moi. Pertes de mémoire, aucune concentration, troubles du sommeil, aucune énergie, vomissements répétitifs. Je me sens dévaler rapidement la pente vers le fond du baril.

Ma psychologue me suggère de m’informer pour un séjour à la Vigile. Je le fais, un peu à contrecœur, apeurée.

Le jour même, je téléphone pour avoir les informations et m’inscrire sur la liste. Une place pour moi est disponible la semaine suivante. Je ne peux pas croire que mes vacances d’été 2021 se passeront de cette façon. Mais je me dis que je n’ai plus rien à perdre.

Tremblotante, vidée, amorphe et anxieuse, je me rends à La Vigile en juillet 2021. J’ai l’impression de me jeter dans le vide. Je ne sais pas à quoi m’attendre et ça me fait très peur.

Dès mon arrivée à la Vigile, je constate que je peux me déposer tranquillement et je me sens en sécurité. J’ai atterri sur un nuage confortable qui m’accueille pour me laisser reprendre mes forces le temps d’une pause de 30 jours. Un moment de répit pour me retrouver, me reconstruire hors de tous le stress du quotidien. Un endroit chaleureux où je me sens rapidement de mieux en mieux. En moins de 48h, je sens la tension diminuer grandement à l’intérieur de moi. Je me sens comprise, épaulée et écoutée.

Je sens que je suis au bon endroit, avec des gens issus du même milieu que moi, qui me comprennent et ne me jugent pas. Les ateliers me permettent de réaliser des choses auxquelles je n’avais jamais pensé. De plus, la pause du quotidien me fait un bien fou. Je sens maintenant qu’il est possible de retrouver ma paix intérieure et le calme.

Trente jours plus tard, lors de mon départ de la Vigile, je me sens mieux. J’ai repris une bonne partie de mon équilibre, une routine de vie plus saine, et je me sens plus reposée.

Je sens que ce séjour a tout changé pour moi. Il m’a permis de mieux me connaître et de reprendre confiance en moi. En plus d’accélérer mon rétablissement, il a contribué à l’acquisition de mes outils afin de faire face aux difficultés futures.

Un merci spécial à toutes les intervenantes de la Vigile ! Des personnes empathiques et humaines pour nous guider dans notre cheminement.

Judith

Par Anonyme

Policière

Le moment présent

Par Anonyme

Agente de services correctionnels

Ce fut pour moi une renaissance, un ressourcement. N’ayant pas la crainte d’être confronté à des ex-détenus, je m’ouvre aux intervenants. Ils m’écoutent, me comprennent, ils sont disponibles, je perçois leur confiance, et surtout ils respectent mes besoins malgré que je sois dans un milieu fermé.

Les résidents comprennent mes valeurs, mes stress quotidiens causés par mon milieu de travail. J’ai énormément de gratitude envers les soins que La Vigile m’a apportés.

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Le coffre à outils

Par Anonyme

Policière

Enfin un endroit où l’on peut se sentir bien parmi des gens qui vivent les mêmes souffrances que soi. Ces pairs avec qui l’on peut parler sans peur du jugement.

La Vigile est un endroit de repos, de transition, de répit pas mal mieux qu’un hôpital, un endroit en retrait de nos vies stressantes, un endroit où l’on peut se ressourcer nous les gens que nous sommes en uniformes sans la peur du jugement, un endroit pour penser à nous, avec des thérapeutes compétents, des soins personnalisés à chacun.

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La réunion des Anciens c’est précieux

Par Anonyme

Métier anonyme

J’ai été confronté durant ma carrière d’agent correctionnel et de policier à toutes sortes de situations allant de situations traumatisantes à sauver des vies.

Tous ces événements se sont imprégnés dans mon cerveau mais aussi dans mon corps et dans mes relations personnelles avec les autres. Tout au long de ma carrière, je n’avais pas le temps de m’y arrêter. Il fallait que je continue, que je travaille, je devais faire vivre ma famille.

Tous ces événements sont remontés à la surface au moment de la retraite. J’étais rendu à être agressif verbalement même avec les personnes que j’aimais le plus. Quand je rencontrais une personne, il fallait qu’elle me prouve qu’elle était une bonne personne avant que je l’accepte dans mon environnement.

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Un milieu sans jugement

Par Anonyme

Paramédic

Ce qui m’a amené à La Maison Vigile c’est une accumulation de problèmes de toutes sortes : tels que l’alcool, le jeu, les problèmes familiaux, l’insomnie +++ (avant d’être admis, je dormais à peine 1 à 3 heures par nuit). La Maison La Vigile a su me réorienter vers la « bonne voie ». L’accueil « WOW », ils ont un personnel courtois qui est à notre écoute. Dès mon premier appel pour faire ma demande d’entrée, ils sont déjà à l’écoute de nos besoins. Malgré le stress de la première journée, de l’inconnu qui m’y attendait, l’adaptation s’est bien fait grâce au personnel.

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La vie me donne une deuxième chance

Par Anonyme

Agente des services correctionnels

En 1998, l’abus d’alcool et de stupéfiants m’a conduit à ma première thérapie. Âgée d’à peine vingt ans, j’ai mordu dans la vie à pleines dents. J’ai terminé mes études et j’ai fondé une famille avec un homme généreux et responsable.

En 2004, j’ai sombré dans une dépression post-partum sévère où j’ai dû être hospitalisée. Je n’ai jamais accepté le diagnostic de trouble bipolaire ni les médicaments qu’on m’infligeait, bien qu’ils m’aient certainement aidé à remonter la pente.

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